FAQ

Quels sont les moyens de défense contre le vol qualifié ?

Les personnes accusées de vol qualifié peuvent avoir l'impression que leur monde a été bouleversé. Si une arme est impliquée dans l'incident présumé, la peine encourue lors de la condamnation peut inclure le temps passé derrière les barreaux. Il y a également un coût social, les amis, la famille et les associés se demandant s'ils peuvent encore vous faire confiance. Un avocat de la défense expérimenté peut conseiller les personnes dans cette situation sur la meilleure façon de procéder. Voici quelques moyens de défense courants.

Je n'avais pas d'intention criminelle

Pour être condamné pour vol, le procureur doit prouver que vous aviez spécifiquement l'intention de commettre un vol. L'intoxication ou d'autres facteurs qui ont altéré votre état d'esprit au moment de l'incident peuvent permettre à votre avocat de soutenir que vous n'aviez pas l'intention de commettre un vol. Dans ce cas, il est possible que votre avocat puisse négocier pour que vous plaidiez coupable d'une accusation moindre, comme le vol.

L'usage de la force doit être prouvé

Il existe deux éléments de base du vol qualifié : le vol de biens qui ne sont pas à vous et l'utilisation d'une arme ou d'une menace implicite de violence.

Si quelqu'un entre chez vous par une porte ou une fenêtre non verrouillée mais n'utilise pas la force et n'a pas d'intention criminelle, il pourrait avoir une bonne défense contre l'accusation de vol. Peut-être voulait-il simplement se mettre à l'abri du froid.

Entrer chez quelqu'un d'autre sans y être invité est toujours illégal, et une personne peut être accusée d'avoir pénétré illégalement dans une maison d'habitation.

Mes droits garantis par la Charte ont été violés

Les suspects de vol sont parfois soumis à des interrogatoires musclés afin d'obtenir des déclarations ou des aveux incriminants. Si leurs droits, tels que garantis par la Charte canadienne des droits et libertés, sont violés au cours de cet interrogatoire, une demande peut être introduite par leur avocat afin d'exclure toute preuve découlant de cet interrogatoire lors du procès.

La police doit également avoir un motif valable pour fouiller l'accusé et/ou ses affaires. Si la police n'a pas de motif raisonnable, toute fouille est illégale.

Le droit à un avocat lors de l'arrestation est un droit protégé par la Constitution en vertu de l'article 10(b) de la Charte. Cet article stipule que "toute personne a le droit, en cas d'arrestation ou de détention [...] d'avoir recours sans délai à l'assistance d'un avocat et d'être informée de ce droit".

Cette disposition est importante, car elle garantit qu'une personne détenue ou arrêtée connaît à la fois la nature des accusations et ses options juridiques.

Ce n'est pas moi

Afin de déclarer une personne coupable de vol, le Procureur de la couronne doit prouver au-delà de tout doute raisonnable que l'accusé a commis l'infraction. Lorsqu'un vol a lieu, il est facile pour les témoins de s'embrouiller sur l'apparence physique du coupable. Il peut être difficile d'établir l'identité au-delà de tout doute raisonnable. Bien que les caméras de sécurité soient partout aujourd'hui, les suspects ont souvent le visage caché, avec un foulard, un masque facial ou une cagoule.

Dans certains cas, il peut y avoir des preuves médico-légales, comme un mégot de cigarette trouvé sur les lieux. Ces preuves sont inutiles, à moins que le ministère public ne puisse prouver qu'elles ont été laissées au moment exact de l'infraction.

Les empreintes digitales peuvent également poser problème. Si une personne croit qu'une connaissance l'a volée et que ses empreintes digitales sont trouvées sur la scène du crime, le ministère public doit quand même prouver que les empreintes digitales n'ont pas pu être laissées à un autre moment que celui du vol.

De nombreux suspects sont mal identifiés

Un groupe de travail du ministère de la justice (DOJ) rapporte que de nombreuses personnes sont faussement identifiées comme suspects dans des crimes graves tels que des vols. Leur rapport indique : "On ne peut nier l'impact puissant lors du procès d'un témoin de l'accusation qui déclare avec confiance et conviction que l'accusé est la personne observée en train de commettre le crime. Cependant, l'expérience a montré que des identifications erronées et inexactes ont eu et ont encore lieu, entraînant la condamnation injustifiée de la personne de fait innocente. Le témoin oculaire le plus bien intentionné, le plus honnête et le plus sincère peut se tromper et s'est trompé".

Le rapport du DOJ ajoute que le projet Innocence de la ville de New York a constaté que sur les 130 premières disculpations postérieures à la condamnation basées sur de nouvelles preuves ADN, 78 % impliquaient une identification erronée.

Un autre rapport, Convicting the Innocent de Bruce A. MacFarlane, ancien assistant du procureur général du Canada, affirme que l'identification erronée par un témoin oculaire est "le facteur le plus important conduisant à des condamnations injustifiées".

"Le danger associé à l'identification par témoin oculaire devant un tribunal est qu'elle est faussement crédible, en grande partie parce qu'elle est honnête et sincère", écrit-il.

Pour décrire l'impact d'une déclaration de témoin oculaire sur un jury, il cite la psychologue cognitive Elizabeth Loftus qui a déclaré : "il n'y a presque rien de plus convaincant qu'un être humain vivant qui prend la parole, pointe un doigt vers l'accusé et dit "C'est lui"".

Si vous avez été identifié à tort comme suspect dans un vol, consultez immédiatement un avocat.

Le crime a-t-il vraiment eu lieu ?

Il est parfois juste de se demander si un vol a même eu lieu. La crédibilité de la victime présumée est ici essentielle, car elle affirme peut-être qu'elle a été volée pour des raisons personnelles.

Une affaire portée devant la Cour de justice de l'Ontario en 2018 en fournit un exemple. Selon les documents du tribunal, un pharmacien a appris que les autorités médicales étaient sur le point d'ouvrir une enquête après qu'il n'ait pas pu justifier la présence d'environ 5 000 patchs de fentanyl.

Pour couvrir ce manque à gagner, il a convaincu un toxicomane qu'il savait de "se rendre dans ses locaux armés d'un couteau et de paraître le voler", peut-on lire dans le jugement.

Le tribunal a condamné le pharmacien à 14 ans de prison pour trafic, car il s'est avéré que la drogue était vendue dans la rue. Une partie du jugement se lit comme suit : "La mise en scène du vol est un facteur aggravant important ... comme il ressort clairement de la conversation enregistrée avec [le toxicomane, le pharmacien] était l'esprit directeur du vol mis en scène, discutant en détail de la manière dont il se déroulerait ... pour compléter la couverture qu'il a escroquée à sa compagnie d'assurance de plus de 36 000 $".

Dans les Territoires du Nord-Ouest, la police a été appelée dans un magasin après avoir reçu un rapport sur un vol à main armée commis par un homme armé d'un couteau, selon un reportage. Lorsque les policiers sont arrivés, la nouvelle indique qu'on leur a dit que le voleur s'était enfui avec une grosse somme d'argent.

Après une enquête, la police a inculpé deux employeurs du magasin pour diverses infractions.

À Terre-Neuve, la police a été appelée dans un magasin de proximité après qu'un vol ait été signalé, selon un article, où le caissier a déclaré avoir été victime d'une "agression physique mineure" pendant le braquage. Après une enquête, deux hommes, dont le caissier, ont été accusés d'avoir mis en scène le vol afin de dissimuler leurs actes.

La contrainte n'est pas un moyen de défense

Le code ne sanctionne que les actions pénales volontaires, reconnaissant qu'il y a des cas où une personne n'a pas d'autre choix que de commettre une infraction pénale. Bien que leurs actions restent un crime, ceux qui se trouvent dans cette situation peuvent se prévaloir de la défense de contrainte. Cette option n'est pas disponible pour le crime de vol qualifié.

En effet, l'article 17 du code exclut la défense de contrainte des infractions graves, telles que le meurtre et le vol. Un jugement de 1998 de la Cour d'appel de l'Ontario en explique les raisons.

"Les principes de justice fondamentale énoncés à l'article 7 de la Charte empêchent le Parlement de définir les infractions criminelles pour permettre la condamnation de personnes moralement innocentes", peut-on y lire. "La contrainte, cependant, est une défense, une excuse qui repose non pas sur l'innocence morale mais sur l'involontaireté morale. Les personnes dont la conduite est moralement involontaire ne sont pas moralement responsables du mal qu'elles ont causé... la défense de contrainte a été décrite comme une concession à la fragilité humaine. Elle reflète la compassion de la loi pour ceux qui ont été forcés par des menaces de mort ou de lésions corporelles à commettre un acte criminel qu'ils n'auraient pas commis autrement".

Appelez-moi d'abord

Les personnes accusées de vol sont souvent incertaines quant à leurs options. Même si le ministère public dispose de preuves importantes contre vous, je peux les examiner et trouver des faiblesses ou des incohérences qui peuvent être utiles pour vous disculper ou au moins réduire les charges. Si la police veut vous parler d'un vol, contactez-moi d'abord pour une consultation gratuite afin que nous puissions discuter de votre cas et explorer les options qui s'offrent à vous.

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