FAQ

Que se passe-t-il si vous êtes faussement accusé d'agression sexuelle ?

Personne ne veut être injustement accusé d'un crime, mais la stigmatisation négative liée aux accusations d'agression sexuelle peut facilement détruire des réputations tout en déchirant des familles et des revenus. Les personnes prises dans cette situation sont dévorées par la peur et la colère alors qu'elles sont confrontées à un processus juridique décourageant qui peut s'éterniser pendant des années, sans aucune garantie de justification.

Les crimes de violence sexuelle ont fait l'objet d'une attention considérable au cours de la dernière décennie, avec des mouvements tels que #metoo et #timesup qui mettent en lumière la misogynie et les abus sexuels.

Si vous êtes accusé de ce crime mais que vous pensez n'avoir rien fait de mal, votre première réaction sera peut-être de vous rendre au poste de police et d'essayer d'éclaircir l'affaire le plus rapidement possible. Mais ce n'est peut-être pas la meilleure solution ou ce qui sert vos intérêts à long terme.

Restez plutôt calme et prenez ces mesures pour vous aider à rétablir la vérité.

Chercher l'assistance légale adéquate

Les personnes accusées d'agression sexuelle doivent obtenir l'aide d'un avocat de la défense expérimenté pour les représenter avec compassion et courage. Le Procureur considère les agressions sexuelles comme l'un des pires crimes, ce qui rend les chances d'un plaideur non représenté par un avocat de battre les accusations très minces.

Cherchez un avocat de la défense qui a de l'expérience dans ce domaine du droit et prenez rendez-vous pour une consultation - généralement gratuite - pour voir si vous "cliquez". Être accusé d'agression sexuelle est une chose sérieuse qui peut prendre des mois à résoudre, il est donc essentiel de ressentir un rapport avec la personne qui vous défendra.

Bien qu'il n'y ait pas deux allégations d'agression sexuelle identiques, un avocat expérimenté peut vous aider à vous préparer pour le procès qui aura probablement lieu dans plus d'un an. Les règles de preuve et de procédure dans les affaires d'agression sexuelle sont très compliquées, c'est pourquoi il est essentiel d'avoir un avocat expérimenté pour présenter votre cas de manière claire et concise.

Ecrivez tout

Lorsque je rencontre des clients accusés d'agression sexuelle, la première chose que je leur conseille est de noter tous les détails dont ils se souviennent en rapport avec l'accusation. Je leur conseille tout particulièrement de ne pas couper les détails qu'ils ne jugent pas pertinents ou utiles pour l'affaire, car dans de nombreux cas, un élément que mon client ne considère pas comme utile finit par constituer une information essentielle pour sa défense.

Puisque nous vivons à l'ère des médias sociaux, il est essentiel de rassembler tous les textes et messages échangés entre le plaignant et l'accusé. Prenez des photos ou des captures d'écran de chaque échange qui est pertinent et ne vous contentez pas de croire que vous pourrez le retrouver plus tard sur un appareil électronique. Donnez toutes ces informations à l'avocat, ainsi que tout ce que vous pouvez avoir qui concerne ce qui se serait passé, y compris des informations sur les motifs possibles de ces accusations.

Ces informations vous aideront à décrire ce qui s'est passé, de sorte que votre avocat ait une idée précise de ce qui s'est passé et de la chronologie.

Rassemblez toutes les preuves disponibles

Si les SMS et les vidéos sont parfois présentés comme des preuves dans les affaires d'agression sexuelle, dans la plupart des cas, le tribunal doit se baser uniquement sur le témoignage de l'accusé et du défendeur pour peser le verdict.

Les preuves matérielles telles que l'ADN ou la présence de sperme peuvent constituer une forme de preuve valable dans certains cas, mais pas dans tous. Par exemple, si une femme dit avoir été violée mais que l'homme dit que le sexe était consensuel, la présence de sperme n'est d'aucune utilité pour déterminer si le sexe était un acte volontaire.

Dans la plupart des cas d'agression sexuelle, les deux parties présentent des versions très différentes de ce qui s'est passé.

Lorsque je suis impliqué dans ces affaires de "il dit/elle dit", ma capacité à établir votre innocence repose presque entièrement sur la démonstration que votre parole est digne de confiance. Lors du contre-interrogatoire du témoin, j'essaie de trouver des lacunes ou des contradictions dans le témoignage de l'autre partie, ce qui soulève des questions sur sa crédibilité aux yeux du tribunal. Je peux également introduire des preuves qui peuvent démontrer que l'infraction alléguée était improbable ou impossible, ou que les allégations du plaignant sont trop incohérentes ou incompatibles avec la réalité pour être vraies.

Il existe de nombreuses règles que le juriste doit respecter lorsqu'il interroge la plaignante au tribunal, telles que ce qui est communément appelé "les lois sur le bouclier antiviol". Dans les années 1980, de nouvelles dispositions de l'article 276 du Code criminel ont interdit l'admission de preuves d'antécédents sexuels dans les cas où elles allaient à l'appui des "deux mythes" (l'idée que les plaignants ayant des antécédents sexuels sont plus susceptibles d'avoir consenti et sont moins dignes de foi).

Bien que ces changements aient restreint l'admissibilité des preuves des antécédents sexuels de la plaignante, les juges se sont vus accorder un pouvoir discrétionnaire important, ce qui a conduit à une application inégale des nouvelles règles dans tout le pays. Cette incohérence est une raison de plus pour avoir un avocat compétent à vos côtés pendant un procès.

L'accusé est toujours présumé innocent

Si l'on peut espérer que les accusations d'agression sexuelle ne seront portées que lorsque les preuves le justifieront, les archives publiques montrent que ce n'est pas le cas. Les données nationales de police compilées par le Globe and Mail en 2017 ont révélé qu'une allégation d'agression sexuelle sur cinq au Canada est rejetée comme étant sans fondement.

Les juges ont également reconnu le danger que représente l'adhésion du public à des mouvements tels que "Croyez la victime"(#believethevictim). Dans l'affaire R. v. Nyznik de 2017, la juge Anne Malloy a déclaré au paragraphe 17 : "Bien que le slogan "Croire la victime" se soit popularisé ces derniers temps, il n'a pas sa place dans un procès pénal. Aborder un procès en supposant que le plaignant dit la vérité équivaut à imposer une présomption de culpabilité à la personne accusée d'agression sexuelle et à lui imposer ensuite la charge de prouver son innocence. Cela est contraire aux principes fondamentaux de la justice inscrits dans notre constitution et aux valeurs qui sous-tendent notre société libre et démocratique".

Plus tôt dans le jugement, le juge Malloy a noté que la présomption d'innocence est le fondement sur lequel notre système judiciaire est construit, fonctionnant comme un bouclier entre l'individu et le pouvoir écrasant de l'État.

"La présomption d'innocence, et avec elle la norme de la preuve au-delà de tout doute raisonnable, sont des garanties importantes pour s'assurer qu'aucun innocent ne soit condamné pour une infraction et privé de sa liberté", a-t-elle écrit.

"Sans ces protections, il y aurait un risque sérieux de condamnations injustifiées - un résultat qui ne peut être accepté dans une société libre et démocratique ... même si vous pensez que l'accusé est probablement coupable ou probablement coupable, cela ne suffit pas. Dans ces circonstances, vous devez accorder le bénéfice du doute à l'accusé et l'acquitter parce que le Procureur ne vous a pas convaincu de la culpabilité de l'accusé au-delà de tout doute raisonnable".

Les professionnels les plus susceptibles d'être faussement accusés d'agression sexuelle

Le Canada a connu de nombreuses affaires d'agression sexuelle très médiatisées au cours de la dernière décennie, notamment celle d'un ancien animateur de radio de la CBC et de prêtres qui auraient agressé sexuellement des mineurs dont ils avaient la charge. Les personnes en position d'autorité doivent être vigilantes car elles sont parfois des cibles faciles pour les fausses allégations d'abus sexuels.

Les médecins, par exemple, demandent fréquemment aux patients d'enlever leurs vêtements pour les examens. Afin d'éviter qu'un patient affirme avoir subi des attouchements sexuels non désirés au cours de ce processus, certains professionnels de la santé veillent à ce qu'une infirmière ou une assistante médicale soit présente dans la pièce au moment de l'examen afin de fournir un témoignage de témoin visuel si une fausse accusation d'agression sexuelle est portée. Les médecins hospitaliers suivent également une formation afin de savoir ce qui peut constituer des attouchements sexuels non désirés et comment éviter de telles situations.

Les personnes qui se rendent chez un dentiste sont souvent sous sédatifs pendant une procédure et peuvent penser qu'elles ont été touchées de manière inappropriée alors qu'elles se remettent du brouillard d'anesthésie ou de gaz. Là encore, la présence d'une autre personne dans la pièce à tout moment devrait protéger le dentiste contre les fausses allégations.

De même, les enseignants, le clergé ou toute autre personne qui s'occupe des jeunes devraient toujours s'assurer qu'ils ne sont pas laissés seuls avec un enfant, qui pourrait plus tard alléguer un toucher inapproprié. Les caméras de surveillance et les politiques qui interdisent les rencontres privées avec les élèves après l'école ou à huis clos sont des moyens de contourner ce problème.

Conséquences d'une condamnation

Les médias accordent une attention particulière aux cas d'agressions sexuelles et diffusent le nom des personnes condamnées, ce qui cimente l'atteinte à leur réputation. La condamnation est généralement suivie d'une peine de prison, d'un casier judiciaire, d'une stigmatisation sociale et d'une inscription au registre national des délinquants sexuels, la possibilité de voyager à l'étranger étant également entravée.

La loi donne aux juges une certaine marge de manœuvre pour prononcer une peine, en fonction de la gravité du crime.

Les sanctions possibles sont les suivantes :

  • Jusqu'à 10 ans de prison

  • Jusqu'à trois ans de probation

  • Inclusion dans le registre national des délinquants sexuels

  • Remise d'un échantillon d'ADN à la Banque nationale de données génétiques

  • Incapacité de posséder ou d'avoir des armes (y compris des armes à feu)

  • Incapacité de fréquenter un parc ou une piscine publique, une cour d'école, un terrain de jeux ou tout autre endroit où l'on peut s'attendre à trouver des enfants de moins de 16 ans (si la victime a moins de 14 ans)

Les personnes faussement accusées d'agression sexuelle ne devraient pas avoir à supporter un tel fardeau seul, c'est pourquoi il est essentiel de faire appel à un avocat compétent et expérimenté. J'ai aidé de nombreux clients accusés à tort d'agression sexuelle. Si la police vous a appelé pour un entretien ou un interrogatoire, ne faites pas de déclaration. Appelez-moi d'abord pour une consultation gratuite.

Filed Under
Violence conjugale